Centre de Santé des Femmes de Montréal
Par Collaborateur PJ

Un agent d'intégration sociale

Tous les jours de la semaine, sur l’avenue De Lorimier à Montréal, l’équipe multidisciplinaire du Centre de santé des femmes de Montréal s’affaire à aider les femmes à prendre en main leur santé sexuelle et reproductive. Selon les employées du Centre, il est primordial d’écouter leurs besoins et de les aider sans les juger. Les membres de l’équipe partagent les mêmes valeurs altruistes et féministes et trouvent fantastique de pouvoir inspirer un sentiment d’autonomisation et de bien-être chez leurs visiteuses.

Pour Anne Marie Messier, féministe depuis toujours, œuvrer au Centre de santé des femmes de Montréal allait de soi. Forte d’une longue carrière dans le milieu culturel et musical, elle a vu au Centre la possibilité de mettre à contribution son expérience tout en servant activement une cause qui lui tient à cœur. «À son ouverture sur le Plateau Mont-Royal en 1975, le Centre de santé des femmes de Montréal était un groupe qui transmettait de l’information dès 1981 et qui pratiquait l’avortement», rappelle la directice. C'est maintenant un groupe qui a élargi sa vision pour inclure les besoins des femmes les plus vulnérables de notre société. Il offre des services personnels, mais, en même temps, c'est un agent d’intégration social.

Les femmes qui sortent d'ici sont plus solides. Elles ont appris quelque chose sur elles-mêmes, elles ont pris des décisions pour elles-mêmes. - Anne Marie Messier, directrice générale

Mouvement féministe important

Comment le Centre a-t-il vu le jour? Anne Marie nous rappelle les années 70, au Québec.  C'était une importante période de questionnement pour les féministes. Certaines en avaient assez de s’en remettre au système de santé traditionnel et rêvaient plutôt d’aider les femmes à se prendre elles-mêmes en main. De ce mouvement où les femmes voulaient prendre leur place est né le Centre de santé des femmes de Montréal. «Le Centre a été un de ces groupes qui a fait en sorte que le Québec a pu obtenir une clinique dans toutes les régions», souligne Anne Marie. Aujourd’hui, elle regarde de très près tout ce qui touche la santé des femmes et garde un œil sur l’actualité, afin de savoir si quelque chose pourrait poser un problème.

Le travail du personnel est très gratifiant; en plus d’offrir des services de contraception, d’avortement et de dépistage, les employées expliquent par exemple à de nouvelles arrivantes le système de santé du Québec. Elles parlent des droits des femmes et discutent d’anatomie et de consentement avec celles vivant avec un handicap.

À l'intérieur du Centre des femmes
(photo: courtoisie)

Un sentiment de bien-être

«Avant de travailler au Centre de santé des femmes, je n’avais pas souvent vu des gens qui envoyaient des fleurs et des cartes pour dire merci. Ici, on le voit, se réjouit Anne-Marie. Les femmes qui sont ici sortent plus solides. Elles ont appris quelque chose sur elles-mêmes. Elles ont pris des décisions pour elles-mêmes.»

Selon la directrice générale, l’accès à l'avortement au Québec est chose réglée. Cela dit, elle estime qu’il reste un travail énorme à faire dans le reste du monde. «Le Centre de santé des femmes de Montréal continuera à se battre jusqu’au bout pour aider le plus grand nombre de femmes possible», conclut-elle.

Du coeur au ventre

Dans l’optique d’aider le plus grand nombre de femmes possible, le Centre de santé des femmes de Montréal lance en 2016 sa première campagne majeure de financement «Du coeur au ventre». L’équipe du Centre s’est fixée un objectif ambitieux: récolter 1,2M $ sur une période de trois ans. «En 40 ans, les visages des femmes que nous voyons ont changé, elles sont souvent plus vulnérables, leurs besoins sont pressants et souvent plus difficiles à combler», commente Anne Marie. Cette campagne sera primordiale pour rejoindre davantage de femmes montréalaises et surtout pour répondre à leurs besoins en constante évolution. (photo principale: Julie Artacho)

La façade
(photo: courtoisie)
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